"It's my world, it's a very stylized world, it's the secret world that coexists within the outwardly more placid outer world that I actually live in, that you live in" - James Ellroy Que les rares lecteurs de ce blog se rassurent, je n’ai pas encore complètement abandonné l’idée d’écrire ici… (J'étais simplement occupé par les partiels, and, you know, tout le reste…). Désormais en vacances pour trois semaines, laissez moi juste vous narrer deux expériences particulièrement « UCLA-esques » : UCLA/USC Football game : LE Match de l’année, exacerbation culminante de la rivalité entre les deux plus grandes universités de Los Angeles. Pour moi, le premier (le dernier ?) match de football américain auquel j’assistai depuis mon arrivée au pays de l’Oncle Sam. L’intérêt d’un tel événement ne réside bien entendu pas dans le match en lui-même – le foot américain est un sport d’un rare ennui, ponctué d’incessants arrêts de jeu pendant trois ou quatre heures, les règles sont incompréhensibles pour les non-initiés… bref ! –, mais dans tous les à-côtés… Après avoir trouvé un billet au marché noir à un prix décent (et avoir fêté dignement la fin des cours) la veille, je me pointai donc à 9 heures du matin sur le campus, croisant le Bruin Bear (bâché pour éviter que les étudiants de University of Southern California ne viennent le vandaliser la semaine du match…). 
Moyennement remis de la soirée de la veille, je me retrouvai pourtant dans le bus nous conduisant au Rose Bowl Stadium. . Arrivé à 11H, je croise un étudiant de mon cours d’American Politics qui m’offre une bière. Impossible de refuser, de même que le hamburger/frites hors de prix à côté du stade avant le début du match. Mes amis et moi nous dirigeons ensuite à l’intérieur du stade, et c’est parti pour quatre heures de match. Bien entendu, UCLA a perdu le match, (puisqu’ils ont cette année l’une des équipes les plus nulles de la ligue), mais a gagné la bataille des tribunes et de l’ambiance. L’atmosphère d’un tel match est vraiment particulière sans pour autant être mauvaise entre les étudiants des deux universités rivales. Une belle expérience, même si je n’y passerai pas tous mes samedi ! Quelques photos et une vidéo :



Undie Run : La tradition à UCLA veut qu’au milieu de la dernière semaine de chaque trimestre, les étudiants se réunissent tous à minuit pour faire le tour du quartier puis du campus en courant en sous-vêtements… Malgré un partiel le lendemain matin, je finis donc par me laisser convaincre d’aller courir au milieu de filles en dessous (…) en hurlant à la gloire de UCLA, afin de s’accorder une séance de défoulement au milieu de la semaine des examens. Je crois que cela se passe de plus de commentaires… Une seule vidéo en dit bien plus long : Voilà pour ce qui est de mes dernières aventures ici. La suite début janvier, à la fin du Christmas Break qui s’annonce très chargé avec l’arrivée du clan de ma promo de l’an dernier à Lyon, et qui est censé se terminer à Las Vegas pour le Nouvel An (… what happens in Vegas stays in Vegas !)
=) 

Après tout, Los Angeles est la Mecque du cinéma et c’est aussi pour cela qu’on apprécie d’être ici… 
Vendredi soir avait lieu une projection de The Silence of the Lambs (le Silence des Agneaux) sur le campus de UCLA, avec Anthony Hopkins en guest-star – qui avait remporte l’Oscar du Meilleur Acteur pour ce film. Anthony Hopkins est en effet étroitement lié a UCLA, et certains l'appellent même ici Professor Hopkins, puisqu'il assure un cours pour les étudiants du Département de cinéma. C’était plutôt impressionnant de se retrouver avec ce grand acteur, qui a répondu avec beaucoup de simplicité et de gentillesse aux questions des étudiants après la projection du film. En sortant de la salle, la directrice du Département de cinéma de l’Université, qui est aussi productrice a Hollywood et apparemment bien copine avec ‘Tony’, m’a bummed a cigarette, ce qui a permis de discuter un peu avec elle... 
 Sinon j’ai également eu la chance de voir Changeling hier soir (le dernier Eastwood), qui comme la plupart de ses films est largement supérieur a la moyenne de la production hollywoodienne… sortie en France la semaine prochaine !


Je n'ai pas écrit ici depuis des siècles… J’ai été finalement très occupé ces derniers temps, non seulement par les opportunités sans fin offertes par Los Angeles, mais aussi un peu par mes cours… Mon année à UCLA ne consiste donc pas (seulement) à une année de vacances sous le soleil de la Californie.
Mes examens de mi-trimestre enfin terminés, je peux enfin faire partager mes dernières semaines à Los Angeles…
  Santa Monica/Venice : Deux univers très différents, mais il y a de très belle plage à Santa Monica et a Venice... Assez touristique bien entendu, mais beaucoup de charme. Venice est très chouette, même si on a le sentiment bizarre d’avoir été téléporté dans les années 1970 ! Ambiance très Woodstock, c’est assez drôle de voir que les hippies n’ont pas totalement disparu… Halloween : Un gros truc ici, un véritable évènement par rapport à ce qui se passe en France. J’ai erré entre plusieurs soirées vendredi dernier, et tous les étudiants (portant des costumes plus ou moins portables) erraient eux aussi dans la rue, constamment à la recherche d’une soirée meilleure que celle qu’il venait de quitter... Il me faut signaler que pour beaucoup d’étudiantes, se déguiser pour Halloween semblait plutôt signifier s’habiller le moins possible ! J’étais pour ma part déguisé en French Diplomat (ou en Philippe de Villiers jeune, c’est au choix, mais les américains n’auraient pas compris !…) Pas de photos car j’avais oublié mon appareil, mais je suis de toute façon pas franchement photogénique, donc pas trop grave… Election day : Je suis allé faire un tour sur le campus hier soir… Il y avait un truc organisé par les Bruin Democrats, qui évidemment étaient ravis de l’épilogue de la nuit électorale … qui s’est terminée pour moi à 21H30 après le discours du President-elect Barack Obama. A cette heure-ci, j’étais d’ailleurs déjà rentré chez moi pour réviser pour un stupide partiel le lendemain matin…  Voilà, j’ai aussi eu l’occasion de visiter le Getty Museum, d’aller à Hollywood, mais seulement by night (boite de nuit avec une fraternité…), et encore tout un tas d’autres chouettes trucs...  Deux dernières photos : la première avec un groupe d'étudiants internationaux à Venice beach (le vent était terrible...), et la seconde avec une française de Lyon 2 en échange ici : 
Preuve de mon assimilation, je suis quasiment devenu un "homme-sandwich UCLA". Preuve que je n’ai pas encore oublié mon pays, je n’ai pas complètement perdu la mauvaise habitude de la cigarette le soir (un vrai truc de français d’après les américains, à qui l’on peut difficilement donner tort !).

 Barack Obama elected 44th President of the United States

Jeudi dernier était le jour de la rentrée à UCLA. Les cours ressemblent assez à ce qui se fait dans les universités françaises – cours magistraux bondés/ travaux dirigés en petits groupes. Je suivrais pour mon premier trimestre un cours d’American politics, un cours de World politics (le prof est un ancien membre de la CIA), et un cours pompeusement intitulé Reflexions on Education Abroad Program.
A part ce léger programme de cours, je profite de la clémence du climat de Los Angeles et des installations époustouflantes et événements en tout genre organisés par UCLA.
Quelques éléments particulièrement singuliers et caractéristiques de la vie étudiante à UCLA :
- Fraternities/ Sororities : Ceux qui ont vu en France la série télé Greek (tourné sur le campus de UCLA) sont déjà plus ou moins familiarisés avec ce phénomène universitaire typiquement américain. Les fraternités et sororités sont des communautés d’étudiant(e)s vivant ensemble, arborant fièrement leurs t-shirts aux lettres grecques, et organisant tout un tas d’évènements sur et en dehors du campus. Bien que seulement 10/15 % des étudiants appartiennent à des fraternités, celles-ci dominent la « social scene », et leurs fêtes sont très prisées des étudiants. La semaine dernière avait lieu le rush, c'est-à-dire les portes ouvertes des fraternités, ce qui m’a permis de découvrir ce qu’étaient les fraternités, de dîner à l’œil presque tous les soirs (...), et de rencontrer tout un tas de "frères" plus ou moins intéressants et plus ou moins intéressés (après leur accueil et leurs sourires faussement chaleureux, ils procèdent à une sorte d’entretien implicite, et si votre « profil » leur correspond, ils vous rappellent tous les jours pour vous demander de rejoindre leur fraternité, ce qui implique dix semaines de « période d’essai » où l’on passe son temps à récurer leur maison et à s’accoutumer avec leurs rituels bizarres). Très peu pour moi (il m’a juste fallu filtrer les appels cette semaine…), bien que quelques étudiants britanniques en programme d’échange que j’avais rencontrés pendant la semaine d’orientation ont, à leurs risques et périls, décidé de rejoindre une fraternité.
- College sports : l’importance du sport universitaire est ici sans commune mesure, et à vrai dire inconcevable pour un étudiant non-américain. Le sport universitaire déchaîne les passions. Les samedi après-midi sont consacrés au football universitaire, les étudiants venant s’entasser dans le Rose Bowl stadium pour voir jouer l’équipe de football de UCLA – pourtant très mauvaise cette année, battue presque à chaque week-end depuis que je suis arrivé ! Les matchs de basket-ball, et même de soccer, drainent également une foule considérable sur le campus et beaucoup de ces matchs sont diffusés en live à la télévision américaine.
- Being proud to be a Bruin : le sentiment d’appartenance à son université est ici particulièrement exacerbé. Les étudiants sont très fiers d’être à UCLA et arborent tous des tee-shirts/ polos / pulls à l’effigie de l’université. Pendant ma semaine d’orientation nous a été répété des dizaines de fois à quel point nous devions être fiers d’avoir été admis à UCLA.
Qui dit sentiment d’appartenance dit également rivalité avec les universités voisines : la rivalité avec USC (University of Southern California, la seconde grande université de Los Angeles) est ici légendaire, beaucoup d’étudiants de UCLA décrivant USC comme une université de gosses de riches sans cervelles. Mais contrairement à la France où les universités se distinguent et s’opposent par leur orientation politique (Assas/Sorbonne, Lyon 2/Lyon 3 …), la rivalité se cristallise ici sur le sport universitaire, le match de football UCLA/USC étant l’un des évènements de l’année.
Quelques photos :



Lire : Ralph Bunche, A World View of Race. Diplômé de UCLA, Bunche fut la première personnalité de couleur à recevoir le Prix Nobel de la Paix (en 1950) pour son travail de médiation en Palestine à la fin des années 1940. Un de mes bâtiments de cours porte aujourd'hui son nom, et il est l'une des alumni les plus célèbres de l'université.
Voir : Francis Ford Coppola pour les cinéphiles (ancien étudiant de UCLA), Greek pour les téléphages.
Ecouter : En concert à UCLA il y a 10 jours : Estelle, (vous avez forcément entendu son duo avec Kanye West : American Boy ...) Hellogoodbye : http://www.myspace.com/hellogoodbye 
Vendredi soir avait lieu le premier débat Obama/McCain. Intéressant bien que parfois ennuyeux – en partie à cause d’une formalisation excessive et des règles très strictes imposées pour la tenue du débat –, il a comme prévu plutôt tourné en faveur d’Obama sur les questions économiques. Les américains sont si angoissés par la crise financière qu’ils en sont devenus enclins à se laisser séduire par un discours étatiste, presque social-démocrate au sens européen du terme, et ce bien qu’en contradiction avec la tradition philosophique libérale si caractéristique de la conception du rôle du politique aux US. Sur les questions de politique étrangère, McCain a adopté la stratégie classique des républicains, à savoir tenter de présenter les démocrates comme des faibles. Obama s’est relativement bien défendu en ne se contentant pas de subir les attaques de McCain mais en lui répondant avec conviction, et la presse américaine comme les sondages semblent l’avoir désigné vainqueur de ce premier débat. L’impact de la crise financière sur l’opinion publique américaine favorise bien évidemment les démocrates, Obama semblant tirer profit de celle-ci dans les sondages, même s’il serait prématuré de prédire une victoire d’Obama en novembre tant le risque du "Bradley effect" demeure prégnant (Cf. http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,949651-3,00.html) .
Une fois celui-ci terminé, mes colocs ont beaucoup débattu sur le débat (deux d’entre eux sont partisans de McCain, les deux autres étant partisans d’Obama). Les étudiants américains sont contrairement aux idées reçues assez politisés et s’intéressent beaucoup à l’élection. Sur la porte de mes voisins se trouve depuis hier un drapeau UCLA for Obama, et force est de reconnaître qu’ici une grande majorité des étudiants soutient le candidat démocrate. 
Jeudi soir a lieu le débat des candidats à la vice-présidence Biden/Palin, qui d’après mon roommate s’annonce « hilarious » tant Sarah Palin est ici dépeinte comme une écervelée inconsistante en comparaison de Joe Biden, un politicien chevronné, certes peu charismatique, mais très expérimenté et estimé pour ses compétences en matière de politique étrangère. A voir depuis la France pour les insomniaques (dans la nuit de jeudi à vendredi).
Voir : The West Wing, remarquable série consacrée à la politique aux Etats-Unis (sauf si l'on est républicain...). Au ciné : on ne sait pas ce qu'on va gagner, mais on sait ce qu'on va perdre - ou plutôt on sait ce dont on va se débarasser : Recount de Jay Roach (pas encore sorti en France il me semble), et W. de Oliver Stone (sortie prévue en octobre). Ecouter : "I Got a Crush...On Obama" by Obama Girl
McCain Girls: Raining McCain

Voila 14 jours que je suis arrivé au pays de l'Oncle Sam. Pour l'instant, je n'ai à vrai dire mis les pieds que dans les deux seuls endroits que les américains considèrent eux-mêmes comme totalement étrangers au reste de l'Amérique : New-York et Los Angeles.
Après une semaine de vacances à New-York très dépaysante pour un petit frenchy "from the boonies" (comprenez "venant de nulle part" si j'ai bien saisi ce que me racontent les autochtones...), je suis arrivé il y a près d'une semaine à Westwood, LA. Là encore, ce fut un gros choc culturel par rapport à la France mais aussi par rapport à New-York : l'anglais parlé avec une patate chaude dans la bouche, l'oubli contraint et forcé de l'existence des couverts en métal dans le monde civilisé, les "ice cream sandwiches" (deux énormes cookies avec de la glace au milieu... apparemment le dessert préféré des étudiants et des acteurs qui traînent à Westwood village), jeter des dés dans des gobelets remplis d'alcool pour faire boire la personne de l'autre côté de la table, j'en passe et des meilleures...
A part ça, je vis dans une résidence à deux pas du campus, pour le moment en coloc avec des étudiants de UCLA (entre 5 et 10-12 personnes selon les soirs...) jusqu'au 12 septembre, avant de déménager à l'étage en dessous pour l'année universitaire. Briser la glace n'est pas très difficile, même avec un anglais-californien balbultiant : les gens sont ici plutôt accueillants et faciles d'accès.
Plus de petites histoires à venir prochaiment (j'essayerai d'écrire ici le plus régulièrement possible) ; en attendant quelques photos de NYC :
Devant un bar dans l'Upper West Side
Top of the Rock. Rockefeller Center. New-York by night
 Merci à Sofiane pour l'organisation du voyage...

... et à Benjamin à qui j'ai piqué ces premières photos
Coming soon : des photos de la Californie et de UCLA. En attendant, une petite photo du campus :
 Lire : Less than zero de Bret Easton Ellis (que je commence à lire en anglais) ; sinon American Psycho et Lunar Park (déjà lu, mais en français) pour ceux qui veulent lire le plus connu et le plus récent de ses romans. Si l'on préfère la East Coast à la Californie du Sud, mieux vaut se plonger dans The Great Gatsby de Francis Scott Fitzgerald.
Voir : L.A. Confidential de Curtis Hanson, évidemment (pour ceux qui ne l'ont pas encore vu ou qui ont la flemme de lire le (très bon) bouquin de James Ellroy), 90210 (le spin-off de Beverly Hills 90210, que tout le monde regardait dans les années 90, et qui a commencé mercredi dernier sur CW aux US ... awesome !), et tout ou presque de ce qui passe sur MTV !
Ecouter : Time to Pretend, MGMT .

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